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Consommation responsable pas si verts, les québécois !

Recycler, composter, utiliser les transports durables, acheter localement, privilégier les produits réutilisables ou recyclables, biologiques et équitables… Les messages de sensibilisation à la consommation responsable ont incité un grand nombre de citoyens à changer certaines de leurs habitudes pour adopter les valeurs du développement durable. Plus verts qu’ils ne l’étaient au début des années 2000, les Québécois sont pourtant encore loin d’être des consommateurs modèles.

La consommation responsable au Québec est en perte de vitesse depuis 2010. Avec un indice global de consommation responsable (ICR) de 62,3 sur 100, les Québécois obtiennent la note de passage, sans plus. C’est ce que révèle le Baromètre 2012 de la consommation responsable au Québec, l’unique référence permettant de suivre ce phénomène année après année (1).

« Les Québécois sont de plus en plus sceptiques envers les acteurs de la consommation responsable et leur scepticisme s’est intensifié de façon importante depuis deux ans. Les consommateurs se questionnent sur l’engagement réel des entreprises en matière de développement durable. Ils émettent des doutes envers la publicité environnementale, les certifications et le discours gouvernemental sur le développement durable », explique Fabien Durif, directeur de cette étude et chercheur spécialisé en consommation responsable.

Autre facteur responsable de cette stagnation : le manque d’information sur les certifications et sur les avantages environnementaux et sociaux des produits et services responsables. « Les consommateurs ont un travail de recherche à faire avant de choisir un produit. Ils ne peuvent pas se fier uniquement à l’emballage. Encore aujourd’hui, les labels ne sont pas encadrés et les entreprises profitent d’une grande liberté dans l’étiquetage de leurs produits. Pour un grand nombre de consommateurs, la compréhension des certifications est complexe », ajoute M. Durif.

De façon globale, la consommation responsable est en légère baisse pour l’ensemble de la population, sauf pour le groupe des 30 à 39 ans, dont les comportements responsables ont augmenté de 1,2 point depuis 2010. Les femmes demeurent les plus responsables avec un ICR plus élevé que celui des hommes, c’est-à-dire 64 contre 59,4.

Pour une troisième année d’affilée, les jeunes Québécois de 18 à 29 ans obtiennent le rendement le plus faible avec un pointage de 58,2. « Les jeunes sont les plus motivés à consommer responsable, mais les moins enclins à passer à l’action. Pour eux, pratiquer l’écoresponsabilité demande un effort, qu’ils seront prêts à faire pour des produits ou des comportements qui sont à la mode. Le couchsurfing, qui est un service d’hébergement temporaire gratuit, de personne à personne, en est un bel exemple », constate Fabien Durif.

(Vous pouvez lire la suite dans l’Actuelle magazine des CFQ du volume 23 numero 3)