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Artisanat en folie !

Elles adorent créer et s’exprimer à travers leur art. Elles sont jeunes, sensibles à la richesse que leur ont léguée leurs mères et leurs grands-mères, soucieuses de poser des gestes en faveur de l’environnement et bien déterminées à égayer la vie des gens en leur proposant des idées originales. L’artisanat est la voie qu’elles ont choisie pour réaliser leurs projets et elles ne manquent pas d’y ajouter un peu de folie !

Avant de « tomber dans la marmite » de l’agriculture, de l’artisanat et, plus spécifiquement, de la fibre textile, Amélie a suivi des cours en communication à l’Université d’Ottawa et obtenu son baccalauréat en télévision à l’Université du Québec à Montréal. Depuis 2000, elle est productrice en télévision et médias interactifs. Elle a reçu trois prix Gémeaux, dont l’un pour Citizen Lambert Jeanne d’architecture, un documentaire relatant la vie de la femme la plus riche du Canada, Phyllis Bronfman Lambert ; un deuxième prix Gémeaux pour Loin des favelas, un documentaire sur un chorégraphe qui sort les enfants du Brésil de la misère et un dernier prix Gémeaux pour le site Internet interactif de la série Musée Eden.

Pour échapper au stress de la métropole, la jeune femme et son conjoint ont fait l’acquisition d’une ferme, en 2008. Ils y font l’élevage de la chèvre cachemire et nubienne pour la viande, la fibre et la vente d’animaux reproducteurs.

« Lors d’un voyage en Alberta, j’ai eu la chance d’assister à un festival de la fibre. J’y ai rencontré des filles de 20 ans qui travaillaient avec des rouets. Ce voyage a été l’élément déclencheur. J’ai appris les rudiments du filage et nous avons agrandi le cheptel dans le but de récolter le cachemire », raconte-t-elle.

La récolte de cette fibre luxueuse résulte d’une longue série d’étapes échelonnées sur une année. En hiver, la chèvre cachemire produit un duvet serré de poils fins et souples qui vient doubler son pelage d’été pour la protéger des températures glaciales. C’est ce duvet de couleur gris foncé, beige ou blanc que l’on appelle « cachemire ». La première étape de fabrication consiste à tondre les chèvres ou à leur enlever ce duvet à la brosse au moment de la mue du printemps.

Ce duvet est lavé pour le débarrasser de ses impuretés, avant de subir une opération essentielle appelée « éjarrage » consistant à séparer les poils durs appelés « le jarre » et le duvet proprement dit afin d’obtenir la fibre la plus fine possible. L’éjarrage est une étape qui est faite par un moulin spécialisé en cachemire. Les fibres sont alors prêtes à subir la filature, le tissage et la teinture. « À notre ferme, le cachemire est brossé et lavé, puis envoyé au moulin. La toison de chaque animal est éjarrée individuellement avant de nous être retournée. Nous vendons le cachemire à l’état brut, lavé et éjarré, teint et filé à la main », décrit-elle. Amélie se réjouit d’avoir réussi à marier ses deux passions, l’une pour la production télévisuelle et l’autre pour l’agriculture. Dans le domaine artisanal, elle représente bien la relève. « Le concept du Do it yourself est de plus en plus à la mode et je suis consciente de l’importance pour les jeunes de retourner à leurs racines en reconnaissant tout ce que leur ont légué leurs ancêtres. »

Pour tout savoir sur la 2e édition du Festival de la fibre TWIST, qui aura lieu les 23, 24 et 25 août 2013 à Saint-André-Avellin, visiter www.festivaltwist.org

(Vous pouvez lire la suite dans l’Actuelle magazine des CFQ du volume 23 numero 4)